Attaqué à Bruxelles par Betclic, le PMU a proposé, le 31 octobre dernier, que les masses de son réseau physique (les bars) et de son réseau Internet soient séparées sous vingt-quatre mois. Les opérateurs concurrents ont jusqu’à aujourd’hui 17 heures pour faire connaître leur position sur le sujet à l’Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel).
Numéro deux en matière de paris hippiques, Zeturf revendique 70000 fidèles dont le panier moyen mensuel affiche 450 €. A la tête de cette entreprise, Emmanuel de Rohan-Chabot est partagé sur la proposition du PMU : « Je suis plutôt pour puisque mon entreprise détient 10% du marché. On se bat actuellement face au PMU dans un rapport en matière de volume de 1 à 50. On se battra de 1 à 8 quand la réforme sera en place. Quand le PMU sera scindé, les rapports seront différents entre le réseau en dur et Internet. Cela nous favorisera. Les arrivées de favoris seront mieux payées sur le Net. Mais notre métier, c’est de prendre des clients au PMU. Si l’on bloque ces fameux clients, cela va aussi nous retomber dessus. Un marché a besoin d’un leader et mieux vaut ne pas l’affaiblir de trop. »
Une hausse de 25%
Zeturf souhaite en effet surfer sur la vague de la bonne année 2013 qui a vu, selon l’entreprise, une hausse des mises de 25% alors que, dans le même temps, le PMU rencontre des difficultés : « La crise est la première raison des difficultés du PMU, analyse Emmanuel de Rohan-Chabot. Mais pas seulement. Il y a trop de courses. Il faut ajouter à cela l’impossibilité de se faire payer en liquide au-dessus de 3000 €. Le PMU s’est beaucoup concentré sur les paris sportifs et a un peu néligé l’hippique. » Emmanuel de Rohan-Chabot n’est pas tendre non plus avec les sociétés mères : « Elles ont besoin de faire des économies. Est-ce que Maisons-Laffitte est indispensable? Ce n’est pas à moi de juger mais fermer ce site pour investir dans le nouveau Longchamp… Je me demande si c’est bien utile de dépenser tant d’argent. »
Zeturf n’est pas non plus exempt de tout reproche. Des clients critiquent son mode de fonctionnement, jugé opaque : « L’Arjel nous surveille beaucoup, révèle Emmanuel de Rohan-Chabot. Et la concurrence ne se gêne pas pour attirer leur attention. Il arrive que sur une course, on doive donner tous les détails à l’Arjel, jusqu’aux coordonnées des gagnants. Un récent sondage, avec des remarques de nos clients, a donné 80% de taux de satisfaction. Nous avons aussi de nouveaux jeux dans les cartons. On réfléchit ainsi à mettre le report en place. Le PMU redistribue en moyenne 77% de l’argent collecté, alors que nous reversons 82%. Avec 100 €, le PMU génère 370 € de jeux avec le recyclage. Chez nous, c’est 481 €. »
Source : leparisien.fr
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